Jusqu’au début du XXème siècle, le village ne disposait en guise de lavoir public que de deux bassins alimentés en eau par un système de bascule à partir d’une fontaine, d’où son nom de fontaine lavoir du Thouron. Sans toit ni murs, les conditions de travail y étaient pénibles en toute saison, mais surtout le mauvais écoulement des eaux usées rendait les terrains adjacents impropres à toutes cultures, sans oublier les odeurs…. Ce qui amenait les riverains immédiats à déposer régulièrement des plaintes auprès des élus.
La municipalité fit donc construire ici le nouveau lavoir du village vers 1905, car un puits, aujourd'hui obstrué, permettait une alimentation en eau régulière.
Les femmes du village, on les surnommait « lavandières », y venaient pour laver et rincer leur linge ; le passage au lavoir était en effet la dernière étape avant le séchage. Le rinçage nécessitait de grandes quantités d'eau claire, uniquement disponible dans les cours d'eau ou dans une source captée. Il y avait également une grande cuve dans laquelle on faisait bouillir le linge.
Sous le porche situé à gauche du lavoir, le corbillard communal était entreposé.
Au début des années 1950, un réservoir a été édifié dans les combles pour avoir de l'eau courante et alimenter aussi la fontaine située sur le trottoir, ce qui permettait aux habitants qui n'avaient pas de puits de s'alimenter en eau.
Il est désaffecté au début des années 1970 et sert alors de salle pour les jeunes du village. Lors de la création de l'association « des Aînés » par M. Scherardin il devient le siège et le lieu de réunion de cette association.
Plusieurs fois aménagé et agrandi à l'ouest et au sud, il a pris la forme qu'on lui connait aujourd'hui.
À l'origine, le lavoir est une grande pierre plate ou une simple planche posée en plein air au bord d'un cours d'eau, d'un étang ou d'une source.
Au cours du temps, l’endroit s’aménage et devient lavoir public. Il se compose généralement au moins de deux bassins, le bassin en amont servant de rinçoir, celui en aval de lavoir voire d’abreuvoir.
En 1851, pour mieux lutter contre les épidémies de choléra, de typhoïde et autres, les pouvoirs publics votent des lois sur les règles d’hygiène et accordent des crédits pour subventionner la construction de lavoirs couverts.
À Saint-Geniès, à l’extrémité sud, il y avait un foyer et une cheminée qui permettait d’avoir de l’eau chaude et de « couler la lessive ». Cette opération se faisait dans une lessiveuse. Grand chaudron, tronc conique en zinc muni d’un couvercle. Il comportait un double fond prolongé par un tuyau central terminé par une pomme dont le pourtour était percé de trous. Cette opération ne concernait que le linge blanc, draps, linge de maison, sous-vêtements. Ce linge, savonné, rincé, essoré était disposé dans la lessiveuse en couches successives bien tassées. La lessiveuse remplie, un système de collier accroché à la paroi, maintenait le linge fermement en place.
Une fois le linge préparé, on faisait dissoudre des cristaux de lessive, achetés en droguerie, dans de l’eau chaude. Cette solution était versée sur le linge jusqu’à le submerger. On mettait la lessiveuse sur le feu. Au bout d’un moment, la lessive entrait en ébullition dans le double fond, la vapeur ne pouvant pas s’échapper à travers le linge tassé, repoussait la lessive dans le tuyau et venait arroser le linge en passant par les trous de la pomme. La lessive descendait à travers le linge jusqu’au double fond et le phénomène recommençait.
Quand la lavandière jugeait l’opération suffisante, elle retirait la lessiveuse du feu et laissait refroidir jusqu’au lendemain.
Le linge était rincé à l’eau claire et une seconde fois en diluant du bleu dans l’eau de rinçage. Le bleu se présentait sous forme de cubes achetés en droguerie. Le linge ainsi rincé prenait une blancheur éclatante. Une fois essoré, le linge était étendu sur un pré d’où l’expression « étendre le linge » ou suspendu à des cordes pour y être séché.
Le lavoir public va rester en usage jusqu'au milieu du XXe siècle avant d’être progressivement remplacé par les lessiveuses et les machines à laver.
Il subsiste toutefois de nombreux témoignages de ces sites pittoresques aux styles architecturaux d'une grande variété selon les régions et périodes historiques. Malheureusement celui de notre village n’a pas été conservé.