L’histoire du pont à bascule ou poids public est liée à l'octroi, contribution indirecte perçue par les municipalités à l'importation de marchandises sur leur territoire. Ainsi, cochons, volailles, vins, combustibles, fourrages et matériaux sont taxés en fonction de leurs poids.
En 1901, le conseil municipal décide la construction d’un pont à bascule, près de l’église pour remplacer la vieille bascule en bois datant de 1851. Il s’adresse à M. Baudin, fabricant d'appareils de pesage à Toulouse, qui s'engage à fournir ce pont pour 800 francs et garantit ses appareils pour une durée de 5 ans !
Il comprend un petit kiosque en bois, adossé au mur d’enceinte du château, abritant les instruments de mesure du pesage et une plate-forme intégrée dans la chaussée accueillant les véhicules à peser : charrettes, chariots et plus tard camions, voitures...
Outre les tarifs des droits de pesage de la bascule, Le conseil municipal arrête que « la commune et le peseur public auront chacun la moitié des recettes obtenues ».
Mais les recettes s’amenuisent avec le temps et le pont à bascule, devenu obsolète et gênant la circulation sur la rue Principale, est supprimé en 1964.
Les plus anciens du village se souviennent d’avoir vu ce pont-bascule avant sa démolition en 1964, victime de l’accroissement inexorable du flux automobile traversant notre village.
De nos jours, seule l’empreinte du kiosque en bois subsiste encore sur le mur d’enceinte du château, ultime vestige de son existence.
Ce pont-bascule, ou bascule publique, nous rappelle qu’il fut un temps où les marchandises qui entraient dans une ville étaient taxées. Cet impôt, appelé l’octroi, date du XIIe siècle. À l’origine il servait à l’entretien des fortifications des villes et des murs d’enceinte.
À Saint-Geniès, il en est autrement car le pont-bascule servait uniquement au pesage des denrées nécessaire dans les échanges de marchandises.
C’est un patrimoine que de nombreuses communes ont choisi de conserver, voire d’embellir.